Revista Internacional de Poesía: "Poesía de Rosario" Nº 21
  Benoit Conort
 

(Villeneuve-sur-Lot, Francia, 1956)


Benoît Conort trabaja en la actualidad como profesor en la Universidad de París X. Ha residido en el extranjero (Portugal, Sri Lanka y Polonia) y pertenece al comité de redacción de la revista Le Nouveau Recueil. Es creador junto a Patrice Souchon del Carrefour des Écritures, asociación dedicada a la creación literaria y poética en talleres de escritura, cuyo objetivo es promover esta práctica tanto en la enseñanza oficial como en las bibliotecas. Desde la publicación de su primer poemario, Pour une île à venir, Conort ha ido tropezando con los más prestigiosos premios literarios franceses.

Los poemas que se recogen a continuación pertenecen a:

Main de nuit (Mano en la noche), libro en el que la oscuridad con su ceguera y silencio hacen resaltar ritmo, grito, mito y realidad. Sus versos reptan a través de una dimensión llena de incertidumbre, donde lo que se teje por deslavazado, incierto e impalpable se hunde en la más profunda de las ambigüedades. Metáfora y sueño, espacios amorosos por llenar o vaciar, desmesura de lo cierto, son sus temas centrales.

Con Main de nuit (1998), el autor da por concluido un ciclo antes de que su siguiente entrega, Cette vie est la nôtre, nos introduzca en una poesía enfebrecida marcada por un lirismo asfixiante que no es sino el reflejo más patente, lúcido y frío de nuestro caos cotidiano.

  

 

Traducción y notas: Manuel Ángel Gómez Angulo

 

TRAVESÍAS 2012


rapsodie de rhapsodie

« Toujours, la variation soulage, dissout et dissipe ».

Montaigne, Essais, III, 4.

« Á un certain moment j’ai espéré – ce qui n’avait aucune signification particulière – faire un jour la peinture la meilleure du cri humain ».

Francis Bacon

« Un monde non seulement qui fait des blagues, mais qui ne fait que des blagues, et qui fait toutes les blagues, qui fait blague de tout. Et qui enfin ne se demande pas encore anxieusement si c’est grave, mais qui inquiet, vide, se demande déjà si c’est bien amusant ».

Charles Péguy


« Dès qu’il y a horreur, une histoire se réintroduit, on a raté le cri. »

Gilles Deleuze

à patrick souchon

 

on avance on avance place tian’an men tu la voyais pas comme ça l’histoire jogging du dimanche autour de la cité interdite

la langue à l’œuvre on avance on mélange

à l’amertume la mélancolie dans une chanson la nostalgie comme l’opium gangrène la nostalgie n’est plus

une radio on l’écoute vingt ans déjà vingt ans après ce n’est pas de la nostalgie la rapsodie même si ça rime avec vieux genre ressuscité genre ancien même si tout ça lié

si elle injuste parodie l’épopée hector ulysse en particulier un peu ridicule dans sa grandiloquence armée médiocre tricheur – pas hector si beau en cadavre homérique héroïque - mais ulysse

la tromperie en modèle sa jactance on appelle ça la ruse et c’est très bien coté du côté de la rhétorique

ce que le rapsode veut c’est crier c’est comme glissant glisser

du cri antillais à la parole nue relater la colère et parler d’eux de tous ceux-là qui l’entourent en leur cité close leur parler votre vie est une rapsodie

partageable entre tous ceci est mon roman et cette vie aussi insensé qui crois que je ne suis pas toi est la nôtre puzzle

de vers de prose en versets précipitée

avec des phrases mal fichues je viens ici connaissant la vie et de la mort ce qu’un vivant pourrait des deux

savoir juger cette longue querelle du vers et de la prose de la douleur et de l’espérance avec parfois de la romance empruntée à l’espagnol et qui désigne un bref poème épique en octosyllabes ses vers pairs sont assonancés c’est ainsi que la rapsodie va

de la romance au roman courtois récit galant irréaliste les espagnols poussant la romance rejoignent ceux du nord et tombent en don quichotte

le rapsode n’est pas l’homme d’une cité plutôt celui qui a droit de citer

les autres où sont-ils qu’on vienne à eux les autres dehors et nous dedans on les regarde comme

derrière une vitre le réel menaçant le réel mène au sang quotidien la misère et la nôtre

cet effroi d’enfant sur le siège arrière de la voiture elle trouait la nuit

tu vois on danse le corps on le balance pour pas tout seul dormir on avance

les citations comparaissent elles se heurtent collage non mais tissage d’une histoire d’aujourd’hui vaguement racontée avec de l’invention

empruntée au latin classique inventio action de trouver de découvrir découverte faculté d’invention et terme de rhétorique en latin chrétien inventio sanctae crucis (v 530) désignait la fête rappelant la découverte par hélène mère d’empereur prostituée et femme offerte au désir mage de la croix du christ et adinventio signifiait trouvaille dans la façon d’agir et péjorativement expédient ruse toutes choses applicables à la rapsodie

l’invention donc d’histoires en romans d’enfance

écoutez la romance écoutez

la chanson bien douce qui ne pleure que pour vous plaire chanson des rues et des bois vieille chanson du jeune temps romance sans parole de la plus haute tour à bouche close vibrent les lèvres un bruissement d’enfant tout entier

au bruissement qu’il fait à sa faim et sa soif

on avance on n’a pas assez de sens pour faire la phrase dans l’autre sens ou à pieds dans la beauce peguy sue depuis bientôt un siècle en quête d’un pas vers le ciel lui aussi voulait aimer pourtant

on avance on ne sait pas vers quoi peut-être vers le bout de la ligne avant qu’elle ne brise et navette revienne au début maladroit rapiéçage

quand elle revient on s’interroge en ces temps de bûchers bovins de fièvre ovine en vertu du principe de précaution on canalise les catastrophes provoquées on rentre dans la rime ces bouts désordonnés

ces chiens versés noirs ils sont cerbères à l’entrée des enfers romantisme attardé

quelle épopée offrir aux zep si taguées wait for the ricochet disait une voix

dans le noir de la chambre quand passait child in time on jouait la nuit

l’amour aux cartes on le jouait suivant que gagnait ou non

la réussite aux cartes vieillard grincheux on passera ses matinées à la patience en grommelant sur la toile cirée de la salle à manger pendant qu’une moins vieille s’activera dans la cuisine

tout nettoyer les vieux cuivres obus de 14 ou les trompettes de l’harmonie municipale

le savait-elle que l’on jouait ainsi la vie à pile ou face la rapsodie mêle tout absout tout dans le rythme

ce monde est glauque comme un venant pleurer d’avoir bien réussi les cadors on les retrouve aux belles places nickel devant le troupeau bêlant pas vraiment de l’ordre de

la rapsodie inconnue des équations de benjamin péret c’est là son intérêt

brise toutes les conventions verse vers le vers mal édicté de la diction bégaye la romance d’une infinité de destins

versés après changés comme le sang

en vin

ce noir désir quand l’automne viendra le vent l’emportera la saison monotone et le roman en langue vulgaire

l’ivre dive bouteille des mots pas bien gelés ils fondent au feu de ces messieurs

on les dit grands bon appétit messieurs

est-ce bien d’ailleurs une rapsodie en avançant on se dit qu’on est en train d’écrire

une satire en latin satura macédoine de légumes pièce de genres mélangés avec la mayonnaise un peu tournée qui pèse sur l’estomac pas loin de la rapsodie en somme

sorte de farce morale et raillerie à la fois quelque chose qui ressemble à du brassé du réchauffé du pas tout à fait

fait avec des dérapages des zigzags encore une fois

doué pour les ratées le rapsode ne sait que déraper au lieu de chanter à la fin de l’envoi

il coule dans le marécage on l’enferme pas besoin de cadenas

poète ci-gît cœur sans cœur mal planté trop réussi comme raté n’a rien compris à la reproduction clone il tourne mal

jouant habilement des codes le contumace renonce à les aimer trop machinalement ajustés

il aime le grain de sable ce qui merdre soudain et pas dans un système et quand ça saute en l’air sous le ciel de baudelaire

when i’m sixty four 6 et 4 ça fait dix revient à 1 en numérologie le chiffre non-identitaire du rapsode lié au zéro de quoi

peut-être l’émotion l’étonnante corrélation un peu obscure perdue dans les méandres de l’inconscient freudien

on ne boit pas pour que monte le courage on boit pour que tombent les barrières pour laisser parler la langue de soi morte

la seule vraie primitive véritable saillie de l’esprit balbutiant

roman où rien n’est vrai on s’invente des vies elles deviennent réelles rapsodies où n’est que chant et parole mal assurée qui s’engendre et se grise

de toutes ses histoires

elle prend le contre-pied casse l’image

du poète policé au miroir flatteur il rit de se voir

quelle histoire si belle où est le désir et cette femme offerte dans l’échange qu’en faire quand

elle jouit d’être sur la photo on voit

que le sexe demeure insatisfait  et quelle satisfaction donnera la réponse

apaiser le désir et l’éponger l’adoucir dans le frisson et partagé le baiser

mais lui où en est-il de son programme parti au fond d’un verre de ti-punch deux heures anse à la gourde il n’a jamais vu de lamantins

à petit canal là où débarquaient les esclaves il y a une décharge publique

on y revient la rapsodie est maladroite mal romancée elle aime rompre la musique la torpeur mélancolique

l’héritage de saturne et les humeurs noires en lignes si brisées

ça soulage soudain de franchir délibérément toutes les lignes blanches autrefois jaunes de taper tous les arbres d’échouer dans tous les fossés de sombrer dans tous les atlantiques et rire

ça soulage d’être enfin dehors d’avoir cédé et succombé de renoncer s’abandonner à tous les démons de midi et de minuit c’est ça la rapsodie le pardon absolu radical

le titanic s’enfonce couler avec dans la mer froide enfin sombrer s’abandonner comme d’autres le font au plaisir s’abandonner

renoncer à croire à ne pas croire n’être qu’un prenant parole hurlant de toute la force de ces millénaires de chaos hurlant d’avoir été esclave d’avoir été le maître hurlant d’avoir toujours tué été tué d’avoir toujours imité d’avoir appris les règles et de les avoir oubliées d’avoir rêvé les femmes et de les avoir méprisées de les avoir voilées et de les avoir violées

enfant hurlant d’être pris dans cette vie que l’on avait choisie pourtant

c’est facile mourir dans le ventre de sa mère et on n’avait pas voulu aujourd’hui on est bien obligé de continuer à faire comme si

le cœur y était quand il n’y est plus l’infarctus guette

toujours quelque chose guette le diabète le sida la peste ou la grippe asiatique toujours quelque chose cède dans le corps quand la fatigue est trop grande

happiness is a warm gun elle est si froide en vérité à qui réchauffer larme sinon la colère et c’est encore la rapsodie

une colère énorme une insupportable atroce colère qui étrangle dévore de l’intérieur qu’on ne sait plus où donner de la tête c’est ça la rapsodie 2001

l’odyssée de la colère injuste féroce impitoyable le chant des opprimés puisque l’internationale n’est plus le chant de tous les refusés les chants de la douleur ne sont pas toujours les plus beaux contrairement à ce que prétendait l’alfred en se saoulant tristement

il devait bien avoir lui aussi quelque colère rentrée ou à rentrer bon dieu ce qu’on peut à vingt ans

se raconter d’histoires et dans la rapsodie on psalmodie le chant errant de nos erreurs quand on regarde

sous les gravats toutes ces ombres perdent nom englouties par la bouche d’égout sur le trottoir les ombres lèvent des corps parmi les blocs échus du désastre rejoignent d’autres ombres plus anciennes mêlent leurs cris silence

on se frotte on se serre on court on va on appelle

l’usure le temps qui nous dévore saturne n’a jamais baissé la garde comment pourrions-nous vaincre

ne sommes dieu ni démon nous seulement cet amas ridicule et grotesque de chairs enchevêtrées dans le rictus corps d’agonie sommes combat toujours mené

malgré les manipulations malgré ceux qui savent et ceux qui décident et ceux qui gagnent tous cherchons le pouvoir d’avoir du pouvoir de gagner du pouvoir d’exercer le pouvoir de conserver le pouvoir

se refusant se donnant c’est tout un de pouvoir

asseoir son pouvoir asseoir ces phrases anormées ces diagnostics en langue obscure et définitive ces promesses sans lendemain et ces lendemains qui n’appartiennent qu’à autrui

remettez-nous votre pouvoir et nous leur remettons notre pouvoir nous y renonçons pour l’amour de quoi cette compassion

revienne le temps des révolutions la rapsodie refuse de convenir refuse de se soumettre refuse d’acquiescer refuse de consentir refuse de dire oui

aimer pourtant

volonté passionnée d’une négation on voudrait tant croire que le pire n’est pas certain on voudrait tant ce soir il fait nuit noire sur new york en d’autres lieux aussi de chine à palestine

et on tape sa tête contre un mur ou contre une pierre une fois de plus on perd une fois de plus on additionne on soustrait c’est pareil dans le désespoir (point sur point) on échoue désastres répétés

aimer pourtant aller plus haut mais comment

par le servage des filles dites de joie pour une fois et plus jamais

je vous aime femme venue de l’épeire vous près de lui étendue

dans vos larmes il voit

grossissement d’une larme loupe elle-même

l’amour pleure son esseulement si seulement ces mots

venaient à vous à la manière d’un battement d’ailes lui rapsode demande le droit d’asile demande qu’on voie

par les trous d’un manteau danser les galaxies et demande

le droit d’être vivant j’y suis j’y suis toujours

vivant ce qu’on peut à vingt ans

se raconter d’histoires                  

 

 benoit conort


rapsodie de rhapsodie 
                                                     Benoit Conort

 

 

                                                                  « Siempre, la variación alivia, disuelve y

                                                                      disipa”

                                                                                        Montaigne, Ensayos,111,4.                                                                                                                                                                                

                                                                     “ En cierto momento he esperado-lo que no

                                                                        tenía ningún particular significado- hacer

                                                                        un día la mejor pintura del grito humano”.

                                                                                                                 Francis  Bacon

                                                                       “Un mundo que no solamente hace bromas,

                                                                          pero que no hace más que bromas, y que

                                                                          hace todas las bromas, que hace broma de

                                                                          todo. Y que al fin no se cuestiona ansio-

                                                                          samente si es grave, pero que inquieto,

                                                                          vacío, ya se pregunta si es bastante

                                                                          divertido”.

                                                                                                                 Charles Péguy

 

“Ni bien hay horror, una historia se introduce de nuevo, se ha malogrado

                                                                            el grito”.

                                                                                                                 Gilles Deleuze

                                  

                                                                                             à  patrick souchon

                                 avanzamos, avanzamos en la plaza tian án men tu no la veías así la historia jogging del domingo alrededor de la ciudad prohibida

                                  la lengua trabaja, avanzamos, mezclamos

                                  a la amargura la melancolía en una canción la nostalgia como el opio gangrena la nostalgia no está más

                                 una radio se la escucha veinte años y veinte años después la rapsodia no es nostalgia mismo si rima con un viejo género resucitado género antiguo mismo si todo eso ligado

                                 si ella injusta parodia la epopeya héctor ulises en particular un poco ridícula en su grandilocuencia armada mediocre tramposo- no héctor tan bello en cadáver homérico heroico – sino ulises

                                  el engaño modela su jactancia se llama a eso astucia y está muy bien lado a lado de la retórica

                                  lo que el rapsoda quiere es gritar es como resbalando resbalar

                                  del grito antillano a la palabra desnuda relatar la cólera y hablar de ellos de todos esos que la rodean en su ciudad cerrada decirles que su vida es una rapsodia

                                 compartir entre todos esto es mi novela y esta vida tan insensata que cree que yo no soy tu ese es nuestro rompecabezas

                                 de versos de prosa en versículos precipitada

                                 con frases malhechas aquí vengo conociendo la vida y de la muerte lo que un viviente pudiera de los dos

                                  saber juzgar esta larga querella del verso y de la prosa del dolor y de la esperanza a veces con la romanza prestada del español y que señala un breve poema épico en octosílabos sus versos pares son asonantados es así que la rapsodia va

                                  de la romanza a la novela cortés relato galante irrealista los españoles empujando la romanza se unen con los del norte y caen en don quijote

                                  el rapsoda no es hombre de ciudad más bien aquel que tiene el derecho de citar

                                 los otros donde están que vengan a ellos los otros fuera y nosotros dentro uno los mira como

                                 detrás de un cristal lo real amenazando lo real lleva a la sangre cotidiana la miseria y la nuestra

                                 ese pavor de niño sobre el asiento trasero de auto agujereaba la noche

                                 ves bailamos el cuerpo lo balanceamos para no solo dormir se avanza

                                 las citas comparecen se chocan no collage sino tejido de una historia de hoy vagamente relatada con inventiva

                                 tomada del latín clásico inventio acción de encontrar descubrir descubierta facultad de invención y término de retórica en latín cristiano invento sanctae crucis (v 530) indicando la fiesta rememorando el descubrimiento hecho por elena madre de emperador prostituta y mujer ofrecida al deseo mago de la cruz del cristo et adinventio significaba hallazgo en la manera de actuar y peyorativamente expidiendo astucia todo aplicable a la rapsodia

                             la invención pues de historias en novelas de infancia

                             escuchen la romanza escuchen

                          la canción suave que no llora sólo para agradarles canción de las calles y de los bosques vieja canción del tiempo joven romanza sin la palabra de la más alta torre a boca cerrada vibran los labios un susurro de niño entero

                        al susurro que él hace a su hambre y a su sed

                        se avanza no tenemos suficiente sentido para hacer la frase en el otro sentido donde a pie en la beauce  péguy suda desde hace casi un siglo en búsqueda de un paso hacia el cielo sin embargo él también quería amar

                       se avanza no sabemos hacía qué quizás hacia la punta de la línea antes que se quiebre y el ciclo vuelva  al comienzo torpe remiendo

                      cuando vuelve nos  interrogamos en estos tiempos de hogueras bovinas de fiebre ovina en virtud del principio de precaución se canalizan las catástrofes provocadas  entramos en la rima esos extremos desordenados

                      esos perros vertidos en negro son cerberos en la entrada de los infiernos romanticismo retardado

                      qué epopeya ofrecer a las zonas de educación prioritaria tanto graffiti wait el rebote decía una voz

                       en el negro de la habitación cuando pasaba child in time jugábamos la noche

                       el amor a las cartas lo jugábamos si  ganábamos o no

                       el éxito con las cartas anciano gruñón se pasarán mañanas con la paciencia gruñendo sobre el hule del comedor mientras que una menos vieja se activara en la cocina

                      limpiar todos los viejos cobres de obus del 14 o la trompetas de la armonía municipal

sabía ella que jugábamos así de la vida a cara o cruz la rapsodia mezcla todo absuelve todo  en el ritmo

                    este mundo es glauco como uno que llega llorando por haber triunfado los mediocres los encontramos en bellos lugares impecables delante del rebaño balante realmente  no el orden de

                    la rapsodia desconocida de las ecuaciones de benjamin péret ahí está su interés

                   rompe todas las convenciones vierte hacia el verso mal promulgado de la dicción tartamudea la romanza de una infinidad de destinos

                   vertidos luego cambiados como la sangre

                   en vino

                   ese negro deseo cuando el otoño venga el viento  llevará la estación monótona y la novela en lengua vulgar

                  la ebria divina botella de palabras poco heladas se derriten al fuego de esos señores

                le decimos grandes buen provecho señores

 por otra parte avanzando uno se dice que se está escribiendo una rapsodia

                una sátira en latín saturó macedonia de verduras obra de géneros mezclados con la mayonesa un poco descompuesta que pesa en el estómago no lejos de la rapsodia en resumidas cuentas

                 una suerte de farsa moral y burla a la vez algo que parece revuelto recalentado  no del todo hecho.

                 derrapando y con  zigzags otra vez

                 dotado para los fracasados el rapsoda no sabe derrapar en lugar de cantar al final del envío

                  él se hunde en la ciénaga lo encierran sin necesidad de cadenas

                  poeta aquí yace corazón sin corazón mal plantado demasiado logrado como fracasado nada comprendió de la reproducción clona se echa a perder

                 jugando hábilmente los códigos el rebelde renuncia a quererlos muy ajustados maquinalmente

                 él ama el grano de arena lo que a veces es difícil y no en un sistema y cuando esto salta en el aire bajo el cielo de baudelaire

                yo tengo sesenta y cuatro 6 y 4 hacen 10 vuelve a 1 en numerología la cifra no identificable del rapsoda ligado al 0 del cual

                 quizás la emoción la asombrosa correlación un poco oscura perdida en los meandros del inconsciente freudiano

                 no se bebe para que suba el coraje se bebe para que caigan las barreras para dejar hablar la lengua de por sí muerta

                el único verdadero primitivo vuelo del espíritu balbuceante

                novela donde nada es verdadero se inventan vidas ellas se vuelven reales rapsodias donde no es más que canto y palabra insegura que engendra y se nubla

                de todas sus historias

                ella toma la contra rompe la imagen

                del poeta refinado al espejo lisonjero ríe de verse

                que historia tan hermosa donde está el deseo y esa mujer ofrecida en el intercambio cuando

                ella goza de estar en la foto se ve

                que el sexo queda insatisfecho y qué satisfacción dará la respuesta

                apaciguar el deseo y esponjarlo suavizarlo en el escalofrío y compartir el beso

                 pero él donde se encuentra en su programa se fue al fondo de un vaso de ti-punch dos horas asa de cantimplora jamás vio manatíes

              en pequeño canal ahí donde  desembarcaban los esclavos hay un basural público

              retomamos la rapsodia es torpe mal novelada ama romper la música la torpeza melancólica

             la herencia de saturno y los humores negros en líneas tan rotas

alivia de repente  atravesar deliberadamente todas las líneas blancas antaño amarillas  patear todos los árboles ir a parar a todos los hoyos zozobrar en todos los atlánticos y reír

            alivia al fin no haber cedido y sucumbido renunciar y abandonarse a todos los demonios de mediodía y de medianoche eso es la rapsodia el perdón absoluto radical

            el titanic se hunde  hundirse con él  en el mar frío por fin zozobrar abandonarse como otros lo hacen al placer de abandonarse

             renunciar a creer a no creer no ser más que un tomador de palabra vociferando con toda la fuerza de esos milenarios de caos vociferando por haber sido esclavo por haber sido el patrón vociferando por haber matado sido matado siempre imitado por haber aprendido las reglas y haberlas olvidado por haber soñado mujeres y haberlas despreciado por haberlas velado y haberlas violado

             niño aullando de ser aprehendido en esta vida que le habían elegido sin embargo

             es fácil morir en el vientre de su madre y  no lo había querido hoy estamos obligados a continuar a hacer como si

             el corazón estaba allí cuando no hay más infarto acechando

          siempre algo acecha la diabetes el sida la peste o la gripe asiática siempre algo cede en el cuerpo cuando el cansancio es demasiado grande

         happiness is a warm gun  ella está realmente tan fría a quién recalentar su lágrima sino la cólera y es aún la rapsodia

         una cólera enorme una insoportable atroz cólera que ahorca devora el interior que no se sabe donde dar con la cabeza eso es la rapsodia 2001

         la odisea de la cólera injusta feroz despiadada el canto de los oprimidos ya que la internacional no es más el canto de todos los rechazados los cantos del dolor no son siempre los más hermosos contrariamente a lo que pretendía el alfredo emborrachándose tristemente

        debía tener él también alguna cólera interior contenida o por contener buen dios lo que uno puede a los veinte

        contarse historias y en la rapsodia se salmodia el canto errante de nuestros errores cuando se mira

        bajo los escombros todas esas sombras pierden nombre tragadas por la boca del sumidero sobre la acera las sombras levantan cuerpos entre los bloques arrojados del desastre se juntan con otras sombras más antiguas mezclando sus gritos silencio

        nos frotamos nos apretamos corremos vamos llamamos

        la usura el tiempo que nos devora saturno nunca bajo la guardia cómo podríamos vencerlo

       no somos dios ni demonio nosotros solamente este montón ridículo y grotesco de carnes entreveradas en el rictus cuerpo de agonía somos combate siempre dado

      a pesar de las manipulaciones a pesar de aquellos que saben y aquellos que deciden

y aquellos que ganan todos buscamos el poder tener el poder de ganar el poder de ejercer el poder de conservar el poder

           negándose dándose da lo mismo poder

           basar su poder basar esas frases sin normas esos diagnósticos en lengua oscura y definitiva esas promesas sin mañana esos mañanas que pertenecen sólo a otros

           devuélvanos vuestro poder y nosotros les devolvemos nuestro poder renunciamos por el amor de esta compasión

          vuelve el tiempo de las revoluciones la rapsodia niega acordar niega  someterse niega  convenir niega consentir niega decir sí

         amar a pesar de todo

         voluntad apasionada de una negación desearíamos tanto creer que lo peor no es cierto desearíamos tanto esta tarde es noche negra sobre new york en otros lugares también de china a palestina

        y uno golpea su cabeza contra un muro o contra una piedra una vez más uno pierde una vez más adicionamos sustraemos es igual en la desesperación (punto por punto) fracasamos desastres repetidos

         amar pese a todo ir más alto pero cómo

         por el vasallaje de mujeres llamadas de la vida por una vez y nunca más

        yo te amo mujer venida de la epeira tu cerca de él tendida

        en tus lágrimas él ve

        la amplificación de una lágrima lupa ella misma

        el amor llora su abandono si tan solo estas palabras

        lleguen a vosotros a modo de un batir de alas él rapsoda pide el derecho de asilo pide que se vea

        por los agujeros de un gabán bailar las galaxias y pide

        el derecho de estar vivo yo estoy estoy siempre

        vivo de que a los veinte años

        podamos contarnos historias

Benoit Conort

 Traduction: Michou Pourtalé, José Muchnik

 
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